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Pour les membres de
Maison-Hantee.com, les brocantes sont toujours des lieux de
pèlerinage, au sens métaphorique du terme. On y déniche souvent
de vieux bouquins poussiéreux dont la valeur, "inestimée" par
leurs vendeurs, est généralement inestimable pour leurs
acheteurs. Au cours d’un récent séjour dans le Morvan, Olivier
s’est rendu dans un vide-grenier à Autun. Dans une caisse de
livres bradés à 1 euro pièce, il a mis la main sur un vieil
ouvrage des éditions Rombaldi faisant partie de la collection
"Les Mystères de l’Univers", publiée à la fin des années 70.
Titré "Les demeures de l’impossible, fantômes et maisons
hantées", le livre de Daniel Réju consacre tout un chapitre sur
un cas célèbre de lieu hanté, l’abbaye de Mortemer. Or, les
fidèles de notre site connaissent déjà cette affaire grâce à
l’un des tous premiers articles écrits pour la rubrique
"Chasseur de fantômes". |
Selon nos statistiques, c’est d’ailleurs
l’une des pages les plus lues par les internautes. Nous vous devions
donc un dossier plus complet, riche en anecdotes et en photographies
inédites ! Dénicher ce livre traitant du sujet fut un signe pour notre
équipe. Celui de vous emmener plus loin à la découverte de l’abbaye la
plus hantée de France*. Avec Erick Fearson pour guide, Maison-Hantee.com
est retourné à Mortemer pour faire l’expérience de l’inexplicable. Récit
d’un voyage aux frontières de notre imagination !
Par Erick Fearson
Photographies : Olivier Valentin
Depuis plusieurs siècles déjà, des
événements bizarres se déroulent à l’abbaye de Mortemer. Durant le 20ème
siècle, et aujourd’hui encore, de nombreuses personnes furent témoins de
phénomènes étranges. Bruits de pas dans les couloirs déserts, coups
sourds incompréhensibles semblant provenir des murs, présence invisible
terrifiante, objets se trouvant déplacés inexplicablement… On parle de
moines fantômes et d’une dame blanche qui seraient responsables de ces
manifestations. Qui sont-ils ? Quelle est leur histoire et pourquoi
reviennent-ils parmi les vivants ? Chasseur de l’étrange, j’ai tenté d’y
voir un peu plus clair en me rendant à l’abbaye. Enquêtant sur
l’histoire de ces ruines, je les ai visitées de façon minutieuse et ai
interrogé certains témoins pour tenter de reconstituer les différentes
scènes s’étant déroulées dans ce lieu hors du temps. Quel terrible et
triste secret se cache à l’ombre de ces pierres plusieurs fois
centenaires ? Durant mon séjour, j’ai été confronté à l’irrationnel…
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Derrière
notre prétendue réalité
Se cachent parfois de bien étranges faits.
Vision chimérique
Sortant de l’ombre
Forme fantomatique
Surgie d’outre-tombe,
Voilà ce que peut voir le visiteur téméraire
Le soir venu, s’il s’aventure à Mortemer.
Serait-ce le spectre de Mathilde l’"Emperesse"
Errant dans ces ruines telle une âme en détresse ?
Quel terrible et triste secret,
Recèle cet endroit hors du temps ?
Je vous invite maintenant
A me suivre et à le percer… |
"Personne
ne reste après la tombée de la nuit…"
Il existe des lieux comme figés par le
temps. L’abbaye de Mortemer, située dans un écrin de verdure au cœur de
la Normandie, fait partie de ces endroits intemporels. Mais depuis
plusieurs siècles déjà et régulièrement, des phénomènes étranges se
déroulent à l’abbaye. Je décide de m’y rendre.
Prévenue de mon arrivée, la propriétaire
m’accueille à l’entrée du parc, en me précisant qu’elle est à mon
entière disposition si j’ai besoin de quoi que ce soit. Je peux y rester
le temps que je veux, mais cependant, me précise-t-elle, il n’y aura
plus personne à la tombée de la nuit. Car ici, les gens quittent
l’abbaye de bonne heure. Pourquoi ? Je n’en saurai pas plus pour
l’instant mais son silence, lourd de sens, en dit long…
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Devant moi, sur
plusieurs hectares, s’étend le domaine de Mortemer. Cette abbaye
Cistercienne fondée au 12ème siècle par Henri 1er dit "Beauclerc",
4ème fils de Guillaume le Conquérant, vivait en totale autarcie.
Le colombier donnait les pigeons, le vivier les poissons, la
vigne le vin de table et de messe, et l’élevage donnait le
beurre, le lait et le fromage. Les moines cuisaient eux-mêmes
leur pain et leurs hosties.
Au temps de sa splendeur, le monastère
accueillit des rois prestigieux tels Richard Cœur de Lion, Philippe
Auguste, Charles le Bel et Saint Louis. Cependant, le temps eut raison
de l’abbaye. Elle dépérit pendant le siècle des Lumières jusqu’à
s’éteindre tragiquement sous la Révolution, dans un bain de sang.
L’endroit est calme, trop calme peut
être... |
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Il y règne une sérénité étonnante. Et pourtant, les manifestations
surnaturelles y sont si fréquentes que plus personne ne veut y loger. À
un point tel que le site est devenu un musée des légendes et des
fantômes.
Femmes ensorcelées et
ensorcelantes
Effectivement, de nombreuses légendes
entourent Mortemer. Mais n’y a-t-il pas dans chaque légende un fond de
vérité ? Où finit la réalité ? Où commence le mythe ? Difficile à dire…
Je me tiens à l’orée du bois qui borde
l’abbaye. Ici, le 1er janvier 1884. Roger Saboureau, métayer de son
état, braconnait dans la forêt de Lyons. Il n’était pas rassuré car se
sentant épié, surveillé. Instinctivement, il se retourna et se retrouva
face à une louve de belle taille. La peur au ventre, il la blessa
mortellement et se sauva en abandonnant la bête. Le lendemain à l’aube,
au même endroit, on découvrit, baignant dans son sang, le cadavre de sa
femme.
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C’était une "Garrache", dit-on, une femme ensorcelée qui, sous la
forme d’une louve, traverse les campagnes et les forêts, les nuits de
pleine lune. Elle était condamnée à errer et à tourner chaque nuit sept
fois autour de sept villages.
Entre ces murs
chargés d’histoire, se trouve la source Sainte Catherine.
Fontaine d’où coule une eau aux propriétés prodigieuses. Depuis
longtemps déjà et de tous horizons, les personnes cherchant
l’âme sœur viennent y jeter une épingle à cheveux, et souvent se
marient dans l’année. Aujourd’hui encore, comme l’attestent de
nombreuses lettres sur place, cette source a gardé son étrange
pouvoir et continue de réunir les âmes solitaires à travers le
temps… Il arrive parfois que l’on revoit à l’abbaye ces jeunes
filles accompagnées de leur nouveau mari… |
Les moines de Mortum
Mare
Cette fontaine aux vertus prodigieuses est
visitée régulièrement par un moine fantôme. Il se matérialise pour venir
en aide aux personnes en danger. Durant la seconde guerre mondiale et
sous l’occupation allemande, un parachutiste britannique tomba non loin
de cette fontaine. Perdu au milieu de la nuit, il ne savait que faire
pour rejoindre le réseau de résistance. À sa grande surprise, il aperçut
un moine à ses côtés, dans le silence de la nuit. Sans un mot, ce
dernier lui fit signe de le suivre et, avant de s’éloigner, le guida non
loin de la ferme qu’il devait rejoindre. Quand le soldat anglais évoqua
à ses hôtes l’étrange moine qui le conduisit jusqu’ici, un silence
angoissant se mit à planer brusquement sur la pièce… Les gens du coin
savaient pertinemment qu’il n’y avait plus l’ombre d’un moine depuis la
Révolution !
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Non sans une certaine appréhension, je
m’apprête à rentrer dans le cellier dont l’histoire est étroitement liée
à la disparition de quatre hommes d’église. En effet, à cette époque,
ils n’étaient plus que quatre moines à s’occuper de l’abbaye tombant en
ruines. Victimes d’une méprise et de la folie des hommes, on les accusa
d’affamer le peuple, les pourchassa dans la propriété et les exécuta
sans pitié dans le cellier où leur sang se mêla au vin des tonneaux
éventrés.
Depuis, leurs spectres hantent inlassablement le cellier et
les ruines de l’abbaye. Pendant la première guerre mondiale, des
officiers anglais qui logeaient dans le cellier aperçurent quatre ombres
vêtues de bures. Ils les décrivirent avec assez de détails pour que l’on
fût persuadé qu’ils avaient rencontré les quatre religieux, assassinés
depuis longtemps. |
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Encore de nos
jours, ces moines fantômes continuent de hanter Mortemer.
Beaucoup affirment les avoir aperçus faisant le trajet du
cellier au pigeonnier, cellier où règne une atmosphère
oppressante. Atmosphère qu’a pu ressentir une jeune femme en
octobre 1999. Celle-ci ne put rester plus d’une minute en ce
lieu sinistre. Quand ses amis lui demandèrent ce qui se passait,
le visage pâle, les jambes chancelantes, elle répondit d’une
voie tremblante : "non rien… absolument rien". Elle avoua
par la suite avoir éprouvé un mélange d’angoisse, de souffrance,
de peur et de tristesse dans cette pièce.
C’est alors qu’elle apprit ce qui s’y
était passé… Étrangement, elle ne fut pas la seule à s’être sentie mal
car d’autres régulièrement ont été victimes du cellier. Qui étaient ces
moines ? Pourquoi reviennent-ils ? On ne le saura sans doute jamais…
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Peut-être reviennent-ils pour nous révéler
l’endroit où se cache leur trésor ? Car quelque part, à l’ombre de ces
ruines, reposent leurs richesses accumulées depuis 1134. Ces religieux
étaient riches, extrêmement riches. Ils possédaient 5 000 hectares dont
ils tiraient leurs revenus, sans oublier les dons qu’on leur faisait. Où
se trouve cette fabuleuse fortune ? Il ne serait pas bien difficile de
le découvrir. N’oubliez pas que l’abbaye fut construite sur un sol
marécageux, d’où l’étymologie de Mortemer, du latin Mortum Mare. |
Il est donc peu probable qu’il ait été enterré ou même dissimulé dans
les murs, car les cisterciens étant convaincus que l’édifice serait
détruit tôt ou tard. Au 17ème siècle déjà, l’église commença à se
détériorer. Cependant, croyez-le ou non, mais peu ont vraiment cherché à
savoir où se cache le trésor, car ceux qui ont eu vent de ces richesses
savent - oui, ils savent ! - que celui qui le trouverait serait assuré
de mourir dans l’année. Mais il est là… et il attend.
Un siècle d’histoire…
surnaturelle !
À la fin du 19ème siècle, un bourgeois
parisien, M. Delarue, se rendit propriétaire de l’abbaye et emménagea
avec sa femme, ses deux filles et son fils. Ils allaient certainement
vivre, les années les plus éprouvantes de leur vie.
Je me trouve face à la chambre rose.
Certainement la pièce la plus intrigante de cet endroit. Quel mystère se
trouve derrière cette porte close ? Je décide d’en franchir le seuil… À
cet instant même, une étrange sensation envahit tout mon être. Il n’y a
personne dans cette pièce et pourtant j’ai l’impression de ne pas être
seul. Et cette peinture sur le mur, représentant un bébé au regard
étrange qui me fixe bizarrement, provoque en moi un sentiment
dérangeant. Je constate que je ne suis pas le premier à avoir éprouvé ce
même sentiment…
Un soir, une
des filles de M. Delarue, s’installa dans la chambre rose que
l’on dit hantée. Alors qu’elle écrivait près de la fenêtre, elle
ne put s’empêcher de se retourner et de regarder partout autour
d’elle. Ne remarquant rien d’inhabituel, elle se replongea dans
son travail.
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À peine se remit-elle à écrire
qu’à son grand étonnement, elle sursauta une nouvelle fois et
une nouvelle fois encore. Après avoir fait le tour de la pièce,
elle ne remarqua rien d’étrange. Elle reprit son écriture mais,
dans le même temps, se leva d’un bond. Effrayée, elle vit se
balancer sa cape d’infirmière, accrochée au mur, avant de chuter
sur le sol. Comme si quelqu’un ou quelque chose s’en était
agrippé au passage. Mais à part elle, il n’y avait personne
d’autre dans la pièce. Elle expliqua plus tard qu’elle eut la
curieuse sensation d’être observée. |
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La fiancée de Charles Delarue, le fils, se
rappela toute sa vie de sa terrible nuit dans la chambre rose. Au petit
matin, elle avoua avoir passé toute la nuit les pincettes de la cheminée
à la main, sans avoir pu fermer l’œil. Bruits incompréhensibles,
présence invisible, angoisse… Voici ce que fut sa nuit telle qu’elle l’a
décrite.
Un soir, la sœur de Charles reconduisit
une amie. A sa grande surprise, elle aperçut une lumière dans l’ancienne
bibliothèque. Cette pièce où plus personne ne mettait les pieds était
visiblement occupée. Cependant, quand elle parla autour d’elle de cette
énigmatique lumière, tous nièrent avoir pénétré dans la bibliothèque
située… à côté de la chambre rose. Personne n’était entré dans la pièce,
et pourtant un certain soir une lampe s’y était trouvé allumée.
Une autre fois, alors que plusieurs jeunes
gens et jeunes filles jouaient au ping-pong au rez-de-chaussée, la porte
s’ouvrit lentement mais sûrement. La poignée tournait comme maintenue
par une main fantôme. Pétrifié d’effroi, un jeune homme eut quand même
le courage de s’en approcher et de regarder dans le couloir. Il n’y
avait personne mais il sentit un grand souffle d’air glacé lui caresser
le visage.
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Parfois, au lever des habitants,
les tableaux du couloir du premier étage étaient retrouvés
tournés contre le mur. Parfois reposant à terre sans être
abîmés. Quelques fois, à l’aurore, les voitures garées sous la
remise étaient recouvertes d’une étrange poussière blanche.
La famille Delarue quitta la
propriété non sans l’avoir faite exorcisée. Les phénomènes ont
cessé quelque temps, mais ont repris de plus belle. Ce qui est
somme toute assez logique puisqu’un exorciste combat les démons
et non les fantômes. Vous pouvez d’ailleurs admirer à l’Abbaye,
une statue assez rare d’un prêtre exorciste.
Depuis maintenant presque quatre décennies, plus personne n’y
loge. |
Le dernier occupant en date, un
ouvrier agricole travaillant à l’abbaye, entendait toutes les nuits,
entre 23h00 et 05h00, des pas provenant de l’étage supérieur. Bien sûr,
quand il montait faire une ronde, il n’y avait pas âme qui vive. Un
soir, les manifestations se firent plus vives qu’à l’accoutumé. Le
lendemain, il quitta définitivement Mortemer. À la question d’un
journaliste qui lui demandait pourquoi, il répondit : "Je n’en peux
plus".
Plus récemment, un petit-fils du
propriétaire s’intéressant de près au paranormal tenta une expérience.
Le soir venu, il ferma toutes les portes de l’abbaye et les scella avec
du ruban adhésif. Lui seul avait les clés. Le lendemain matin, il
retrouva toutes les portes ouvertes et le ruban adhésif déchiré.
Une expérience
troublante
Je décide de prendre l’air et de me
promener dans les ruines romantiques de Mortemer. Il est près de minuit
et malgré l’heure tardive, mille bruits arrivent à mes oreilles. Chants
des oiseaux de nuit, chant du vent soufflant dans les arbres,
croassements des grenouilles, l’endroit est vivant. C’est à ce moment
précis que cela est arrivé…
Je me dois de
vous dire la vérité, même si celle-ci est difficile à admettre.
Les douze coups de minuit sonnaient quand les chants cessèrent.
Plus aucun bruit, non absolument plus rien ! Et encore une fois,
cette étrange sensation de ne pas être seul. Avec effroi,
j’entendis au loin une respiration. Celle-ci s‘amplifiait et se
rapprochait… Elle m’entourait et se déplaçait.
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Je regardai
autour de moi… personne ! Je ne comprenais pas…
Je faisais du bruit pour me rassurer et
pour éloigner cette chose mais en vain. Cette troublante respiration
dura quelques minutes avant de s’éloigner et de mourir parmi les
pierres. Au loin, j’entendis un corbeau déchirer la nuit. Les bruits de
la nature reprenaient, et je sus qu’à cet instant que je venais de vivre
un moment unique. Cela aurait pu être la respiration d’une chouette
cachée dans quelques sombres recoins (phénomène possible dans les cas de
hantises élucidées) mais non ! Aucune chouette évidemment. De plus, cela
ne ressemblait en rien à la respiration d’un tel oiseau. Chose
extraordinaire, je me rendis compte en poussant mon enquête et en
fouillant dans les archives que je ne fus pas le seul témoin de cette
chose. |
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"Vous voyez ce mur, et bien c’était là,
juste derrière, dans les ruines de l’église". Tels étaient les mots de
Christophe N…, guide saisonnier à l’abbaye. Lors d’une visite de nuit,
surgie de nulle part, une respiration se mit à glisser le long des murs.
Comme une respiration humaine qui se déplaçait, sauf qu’encore une fois,
il n’y avait personne. Peu de temps après, Céline, étudiante, et sa sœur
Christel, horticultrice, de passage à l’abbaye, furent témoins du même
phénomène. Cela se passait en 1993… Le livre d’or du propriétaire de ces
murs renferme une multitude de témoignages de cette nature.
Qui est donc à l’origine de ces
manifestations troublantes et inquiétantes pour celui qui en est le
témoin ? Les moines fantômes ? Peut être… Ou, plus vraisemblablement,
Mathilde la Dame Blanche. Elle est la plus célèbre occupante de ces
lieux à l’écart du monde.
La Dame Blanche était
gantée de noir
On la surnomme "l'Emperesse" mais, en
réalité, elle est Mathilde, petite-fille de Guillaume le Conquérant,
épouse de Geoffroy Plantagenet, Duc d’Anjou. Dieu lui permit d'avoir un
fils, Henri II Plantagenet, qui deviendra Duc de Normandie, roi
d’Angleterre et futur père du célèbre Richard Cœur de Lion.
Depuis plus de huit siècles, elle erre et
se glisse la nuit sur les murailles de l'abbaye. Son ombre se profile
inlassablement dans les couloirs, dans les nombreux salons et jusqu'aux
étangs voisins.
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Mariée dès l’âge de six ans au
vieil empereur d'Allemagne, avant d’épouser en secondes noces le
duc d’Anjou, elle fut maudite par les traditions. Cloîtrée dans
la chambre rose pendant cinq ans par son père qui lui reprochait
ses mœurs libérées et sa frivolité, elle est revenue hanter
Mortemer après sa mort, victime d’une douloureuse et pénible
solitude.
Depuis, elle occupe ses siècles
d'errance à promener sa fragile silhouette dans ces ruines, de
préférences les nuits de pleine lune ou toutes les nuits suivant
le premier vendredi du mois, entre 1h00 et 2h00 du matin. Seules
les personnes sensibles peuvent sentir sa présence. Mais
attention, une légende affirme que si vous l’apercevez gantée de
noir, vous mourrez dans l'année. En revanche, si elle porte des
gants blancs, c'est un signe de naissance ou de mariage… |
Mais surtout, je vous en conjure, ne vous
avisez pas de l'approcher car son fantôme s'estomperait, et elle s’en
retournerait dans l'autre monde. Toujours est-il que les nuits de pleine
lune, les mortels quittent l’endroit de bonne heure.
À l’aube du 3ème millénaire, elle continue
toujours de hanter Mortemer à la recherche du repos éternel…
Le cliché inexplicable
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J’ai constitué un
épais dossier sur le cas Mortemer que je ne dévoilerai pas ici pour des
raisons qui me sont personnelles, mais je vous invite à vous y rendre et
à constater par vous-même. Sachez cependant que, durant mon enquête,
j’ai rencontré une journaliste dont je tairai l’identité, mais
qui a pris un cliché troublant : celui d’une forme féminine
spectrale errant dans les ruines. Le cliché ainsi que la
pellicule ont été expertisées. Conclusion : cette photo reste un
mystère car aucunes traces de trucage ou de retouche n’ont été
relevées. J’ai aussi interrogé les gens du coin et plusieurs
guides m’ont avoué, à demi-mot, que Mathilde est toujours là et
qu’elle protège le lieu. Une certitude cependant : cet endroit
fascine toujours autant les hommes. Pour s’en rendre compte, il
suffit de constater qu’autour de la propriété, chaque nuit de
pleine lune, des curieux se pressent pour espérer mettre un pied
de l’autre côté du miroir… |
Autosuggestion ou
mystères d’outre-tombe ?
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J’arrive à la
fin de mon voyage à Mortemer la mystique, sans avoir vu l’ombre
d’un revenant.
Alors, que doit-on penser de ceux qui affirment
avoir aperçu la dame blanche ? N’est-ce pas là une illusion
créée par la lune, réfléchissant sa pâle lumière sur la brume
au-dessus des étangs ? Et tous ces bruits surgis d’outre-tombe,
ne seraient-ils pas le simple craquement des meubles ou le fruit
de mon imagination ? Quand bien même, les réponses à ces
questions ne seraient nullement un moyen de me rassurer ?
Car,
en toute sincérité, je dois admettre qu’une présence anormale se
fait sentir dans la pénombre de ces pierres usées.
Elle est là… et elle attend ! |
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E.F.
(*) Informations et visites :
Abbaye de Mortemer
27440 Lisors
Tél : 02 32 49 54 34
Site web :
www.abbaye-de-mortemer.fr
Accueil pour les
groupes : sur rendez-vous tous les jours de l'année
Ouverture du
parc, des ruines romantiques et du Colombier :
Toute l'année de 13h30 à 18h.
Visite guidée
du Musée des Légendes et Fantômes, des pièces meublées et de la Fontaine des
Célibataires :
- Du 1er mai au 1er septembre : tous les jours de 14h à 18h
- En hiver : samedis, dimanches et jours fériés de 14h à 17h30
Durée de la visite :
45 mn + 15 mn de promenade autour des étangs (en petit train)
Fêtes médiévales
pendant l'été : voir programme sur le site de l'abbaye
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©
Crédits photographiques (hors "Le
cliché inexplicable") :
O. Valentin |